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Ateliers d’Ecriture pour le Financement Basé sur es Résultats

Erik Josephson's picture
February 27, 2017
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Beaucoup d’entre nous qui œuvrons à l’amélioration de la santé, de la gouvernance, de l’éducation et d’autres sphères aimeraient disposer de l’espace requis pour écrire et partager ce que nous avons appris. Le temps est néanmoins un bien précieux et, la plupart du temps, notre travail opérationnel est assorti de délais qui accaparent le temps que l’on pourrait passer à transférer nos pensées sur papier. La rédaction de ce blog d’une page, sans parler de celle d’une note politique ou d’un article qui requiert beaucoup plus de rigueur, prendra deux jours d’efforts combinés, si ce n’est plus.

Après dix ans de mise en oeuvre du financement basé sur les résultats (FBR) dans le secteur de la santé en Afrique, et dans plus de 30 pays, beaucoup de praticiens ont accumulé des connaissances importantes et beaucoup désirent avoir accès à ces connaissances.  Néanmoins, la transcription de ces connaissances est restreinte non seulement par un manque de temps, mais aussi par un manque de formation quant à l’écriture formelle d’articles collégiaux comme la « littérature grise » ou les revues spécialisées approuvées par les pairs.  En outre, beaucoup ne connaissent ni les canaux de publication disponibles ni les critères d’acceptation inhérents à ces revues. 

Afin de répondre à ces questions, la Banque Mondiale en partenariat avec l’Institut Tropical Royal des Pays-Bas a organisé une série d’ateliers d’écriture pour former les praticiens locaux du FBR à la rédaction d’articles sur le thème de leur choix.  Organisés sur une période de cinq à six jours, ces ateliers comprennent dix à vingt participants, représentant idéalement une variété d’acteurs à la fois des niveaux décentralisé et centralisé. Dans les ateliers d’écriture tenus au Burundi, au Cameroun et, récemment, au Burkina Faso, les participants incluaient des régulateurs nationaux du FBR, des acheteurs, des unités de santé régionales, des gestionnaires de formations sanitaires ainsi que des vérificateurs.


A participant from Burkina Faso summarizes the argument she is making in her article to her colleague, who plays the Minister of Health

Les facilitateurs de l’atelier d’écriture expliquent d’abord aux participants pourquoi il est important de créer des documents attestant de l’expérience acquise et des enseignements tirés, tout en soulignant les différences qui existent entre l’élaboration de ce type de documents et la conduite d’évaluations d’impact complètes.  Les ateliers d’écriture visent explicitement à finaliser des articles de façon rapide et cela, pour assurer que les participants voient le processus d’écriture se dérouler du début à la fin.

Les participants proposent ensuite les thèmes qu’ils aimeraient aborder. Parmi ces thèmes, les plus communs sont ensuite identifiés en séance plénière. Ce processus vise une triple finalité. 

  • Premièrement, il permet de réduire le nombre d’articles que chaque groupe tentera de produire et de fournir un nombre gérable d’articles à rédiger.
  • Deuxièmement, ce processus permet une rédaction commune, permettant aux articles de résulter de la réflexion de plusieurs individus plutôt que d’un seul.
  • Troisièmement, il permet aux participants ayant des intérêts communs de collaborer, plutôt que d’obtenir plusieurs articles sur des thèmes similaires.

Les participants considèrent leur public, la structure de leur article et la nature de leur argumentaire.  Ils recueillent ensuite les données ou les informations requises pour appuyer leurs arguments.  Ils ont jusqu’au milieu du troisième jour pour fournir leur première ébauche, qui peut consister en une énumération par points ou en texte.   À ce stade, chaque groupe (quatre ou six, en fonction du nombre de participants) donne son article à un autre groupe pair pour examen.

Les groupes pairs  fournissent des commentaires que les co-auteurs intègrent ensuite à leurs articles. S’il reste du temps, ce processus d’examen collégial est reproduit une fois encore à la fin de la semaine. Les co-auteurs sont encouragés à fournir une ébauche de travail avant la fin de l’atelier. À ce stade, les articles sont généralement finalisés à 70%. En sachant que les participants reprendront leurs fonctions le lundi suivant et que la finalisation des articles perdra en importance, les facilitateurs et les co-auteurs conviennent d’un échéancier pour produire la version finale des articles et les soumettre aux facilitateurs pour examen.

Ce format a permis la production réussie d’une douzaine d’articles couvrant divers aspects du FBR au Burundi, au Cameroun et au Burkina Faso. Plus important encore, il a permis de transférer des compétences importantes à plus de 60 écrivains chevronnés qui ont à présent la capacité, si ce n’est le temps, de produire des articles.

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